Le moulin

Autrefois au village de Lafosse, les hommes ont détourné le cours de l’Aisne pour construire un moulin à farine et une scierie de bois dans un vallon ensoleillé de la forêt d’Ardenne.

Plusieurs fois démoli et reconstruit, le moulin actuel date de 1925. Il est l’œuvre du meunier Joseph Hubert qui le reconstruisit de manière ingénieuse et avant-gardiste, de fer et de béton suite à l’incendie de l’installation précédente. Ainsi il ne brûlera plus…

Après la seconde guerre, l’activité diminua progressivement puis cessa dans les années 1950. Et le moulin s’assoupit…

DSC03739 web

A l’intérieur du moulin, le mécanisme de meunerie est complet quoique nécessitant un sérieux rafraîchissement : les engrenages bois sur fer, quatre paires de meules, le blutoir, le tarare, une deuxième trieuse, un treuil… Mais il n’y a plus de trace de la scierie.

L’eau coule toujours dans le bief du moulin, mais il manque la roue.


L’eau est prélevée dans la rivière à 250 mètres du moulin. Elle s’écoule paisiblement jusqu’à celui-ci via le bief amont, qui serpente au pied de la colline boisée.

Prise d'eauSur la photo suivante, on peut voir à droite du bâtiment l’extrémité du bief amont et l’emplacement de la chute d’eau d’une hauteur de 4 mètres, où se trouvait la roue.

Moulin et bief

Moulin ouest

L’eau est ensuite rendue à la rivière, via le bief aval d’une longueur de 150 mètres. Si le moulin est à l’arrêt, on ouvre la vanne de décharge située au bout du bief amont, servant de by-pass.

Vanne de décharge

Cliquez ici pour obtenir un plan de situation du site.

A l’intérieur, le moulin est bien conservé, malgré les années et la proximité de l’eau. Il dispose de quatre paires de meules, chacune ayant sa spécificité : pour décortiquer l’épeautre, pour moudre le seigle, pour moudre les autres grains alimentaires et enfin pour préparer la céréale pour le bétail. Un tarare, un blutoir et différents équipements de transport complètent le dispositif.

Meules


Historiquement, l’origine du moulin est floue. On trouve des traces de son existence dans des documents remontant à l’ancien régime, où il appartenait au duc d’Ursel, seigneur de la terre de Durbuy.

Carte Ferraris 1777Le moulin est mentionné sur cet extrait de la carte Ferraris de 1777 (cliquez sur la carte pour l’agrandir), tout proche de la pointe occidentale de la principauté de Stavelot, entre les villages de Lafasse (Lafosse) et de Lamormenil.

S’il y a un homme qui a particulièrement marqué le lieu, c’est certainement le meunier Joseph Hubert.

Celui-ci est né au village voisin de Lamormenil en 1867. Après s’être formé à l’ébénisterie et à la photographie à Liège et à Bruxelles, il projeta de partir en Amérique. Heureusement pour lui, il rata le bateau qui sombra pendant la traversée… Peut-être y vit-il une invitation à retourner sur sa terre natale, et il s’installa au moulin de Lafosse, où il réalisa une carrière hors du commun, mêlant ses compétences techniques, artistiques et son esprit ingénieux et avant-gardiste.

Sur la photo ci-dessous, on peut voir Joseph Hubert assis sur le tas d’écorces. Sur la gauche, l’ancien moulin à farine. Derrière lui, le bief et la scierie de bois, également actionnée par la force hydraulique.

Carte postaleSuite à un violent incendie, le moulin fut entièrement reconstruit en 1925. Pour ce faire, Joseph Hubert s’inspira des techniques de construction des premiers buildings, et conçu un bâtiment fait d’une ossature de poutres d’acier et de béton coffré, « ainsi il ne brûlera plus »…

Moulin à farine, scierie de bois et centrale électrique pour les villages voisins de Lafosse, Lamormenil, Freyneux et Oster, le moulin tourna a plein régime jusque la seconde guerre mondiale, puis l’activité baissa progressivement.

Sur la photo suivante on peut voir les fils de Joseph Hubert, Joseph et Henri, en train de rhabiller une meule soulevée par un palan imaginé par leur père. L’activité de meunerie cessa dans les années 50. La scierie de bois tourna encore quelques années puis fut entièrement démontée.

Rhabillage

Racheté, transmis par héritage, sa jeune propriétaire a décidé de vendre le moulin à l’association pour lui redonner vie et beauté, et l’ouvrir au monde.

Un grand merci à Jacky Adam et Eric Evrard pour la récolte et la transmission de ces informations et des photos.

Une réflexion au sujet de « Le moulin »

  1. Bonjour
    Il y a 55 ans, j’ai passé un séjour magnifique dans cette endroit, je ne savais pas que le moulin servais aussi pour la farine, je l’ai découvert ce jour, par contre j’ai très bien connu la scierie ainsi que Henri Hubert , à l’époque j’avais 15 ans et je ne me tracassais pas pour savoir à quoi le moulin servais si ce n’est que faire tourner le moulin, je me rappelle que nous logions au-dessus du moteur diesel dans le petit bâtiment le long de la route, malheureusement je n’ai aucune photos de cette période.
    Merci à vous très cher association qui restauré ce patrimoine
    Georges

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s